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Les outils photo Linux pour le photographe non informaticien

INTRODUCTION :

Vous êtes artisan photographe, auteur photographe ou amateur expert et vous en avez assez de passer à la caisse tous les ans pour la mise à jour logicielle « forcée » que vous imposent les grands éditeurs de logiciels et de systèmes d'exploitation ? Vous êtes déçu des performances de votre nouvelle machine à cause de l'OS « mammouth » que l'on vous impose ? Vous voulez vous consacrer à votre métier (ou votre passion) : la photo, car pour vous l'informatique n'est qu'un simple outil au service de votre créativité… Les hasards de la vie m'ayant permis d'acquérir la double compétence informaticien/technicien photo, j'aspire, au travers de cette série d'articles, à aider les photographes qui veulent passer leur outil de travail sur Linux. N'y voyez aucune vérité absolue ou revendicative, juste une vision subjective sur la façon d'organiser une chaîne de traitement photo, depuis le déclenchement jusqu'à la publication en ligne, à hauteur de mes modestes compétences. Dans ce dossier, pas de « geekerie » ni de dogmatisme « libriste », juste le souci d'utiliser un OS et des outils performants, matures, adaptés au métier de photographe et si possible libres de droits.

Au fil du rédactionnel, plusieurs thèmes seront abordés : • Bien choisir sa configuration informatique. • Le transfert des photos vers l'ordinateur. • La gestion de la chaîne couleur et le calibrage écran. • Quels outils pour développer ses Raw ? • Les post-traitements pour le paysage, le portrait et la macro. • L'art du catalogage des photos et la gestion des metadata. • Les outils logiciels pour la photo studio et le packshot.

PREMIERE PARTIE : Choisir sa configuration informatique

Quelle machine choisir ? Quelle distribution ? Deux questions plus difficiles qu'il n'y paraît, essayons de les traiter dans l'ordre.

a) La machine

Un photographe a besoin d'un ordinateur portable (à minima), il doit être assez puissant et doté d'un écran haute définition. Dans tous les cas, ne touchez pas à votre machine habituelle. Préservez votre outil de travail et faites l'acquisition d'un nouveau PC. Facile à dire, mais comment être sûr que ce beau PC va accepter Linux sans devoir « touiller » dans les entrailles ou éplucher les forums parce que le WiFi n'est pas reconnu ou l'UEFI fait de la résistance ? L'expérience montre que pour résoudre ce genre de problème, il faut s'y connaître un peu (voir beaucoup). Si vous pouvez en disposer avant l'acquisition, parce qu'il est en démonstration en magasin ou parce que c'est un achat d'occasion, préparez-vous une clé USB de boot (une « live USB ») et testez, vous pourrez valider la compatibilité de la machine et limiter les mauvaises surprises.

1) Téléchargez l'utilitaire Unetbootin (www.unetbootin.github.io). 2) Téléchargez une distribution de votre choix (cf. plus loin). 3) Achetez une clé USB de 8 Go et préparez une Live USB :

Vous pouvez aussi acheter un magazine qui fournit le live DVD sur lequel vous pourrez directement booter votre machine (http://www.linuxidentity.com/fr/index.php). Si vous n'avez pas accès à la machine avant l'achat, choisissez un portable déjà installé en Linux (quitte à le réinstaller ensuite). Dans cette gamme, la Rolls c'est le XPS13 Ubuntu de Dell (en version 2012 ou 2015). Hyper léger, classe, avec une dalle 13“ exceptionnelle. Ce laptop ridiculise les Macbook (ne pas avoir peur de l'intitulé complémentaire “developper edition” qui ne fait que mentionner la présence d'un certain nombre d'outils spécialisés). Autre possibilité plus abordable, les ordinateurs OEM. Vous configurez la machine en ligne selon vos souhaits et votre budget, vous précisez la distribution Linux choisie et il est livré tout prêt chez vous ! J'ai acheté le mien chez www.keynux.com que je recommande chaudement, mais il y a aussi www.linux-shop.fr ou encore www.linux-onlineshop.de. Pour traiter correctement les photos, un moniteur externe est préférable, pas la peine donc de prendre un PC avec la toute dernière dalle QHD+ tactile, préférez consacrer de l'argent à un SSD de bonne capacité et un processeur véloce.

b) Le système d'exploitation

Quelle distribution choisir pour un photographe qui découvre linux ? Aucune hésitation : Ubuntu en version 14.04 (Unity), une version dite Long Term Support, donc réputée stable. Ensuite, avec l'expérience, vous voudrez peut-être mettre à jour vers la dernière version, changer pour un environnement graphique différent comme Gnome, ou encore pour une distribution plus conforme à vos habitudes de travail, comme Mint 17.3 Cinnamon en ce qui me concerne. Évitez en tous cas les distributions trop allégées (Xubuntu / Lubuntu) qui ne sont pas toujours prêtes par défaut à supporter des outils logiciels photos perfectionnés et restez sur une distribution au socle Ubuntu pour profiter des dépôts logiciels en toute simplicité.

SECONDE PARTIE : Sur le terrain !

Ça y est, votre laptop flambant neuf est arrivé ! Ça tombe bien, vous venez d'être mandaté pour un mariage : photo avec la famille, célébrations, vin d'honneur et soirée : la totale ! Plus de 1 000 déclenchements en perspective avec probablement 2 boîtiers. En photographe prudent, vous utilisez des CF/SD très rapides et de faible capacité, vous aurez donc à les décharger régulièrement durant l’événement. A cet instant tout doit aller vite et bien côté informatique, pas question de risquer de louper LA photo de l'événement ! Je vous livre ci-après 4 méthodes de transferts. Selon les circonstances, l'une conviendra mieux que l'autre, à vous de les apprivoiser.

- Le déchargement manuel

Rien de plus facile, vous branchez le boîtier photo sur un port USB et il monte sur le bureau :

Double-cliquez sur l’icône de l'APN, sur le dossier DCIM puis sur un éventuel sous-dossier, les photos apparaissent :

Remarquez le lien apparu automatiquement dans la fenêtre : gphoto2 est un précieux outil pour la gestion d'un APN raccordé. S'il n’apparaît pas ou si votre APN ne monte pas sur le bureau, il convient de le télécharger. Pour cela, ouvrez la logithèque Ubuntu et procédez comme le montre la capture ci-dessous :

Il ne vous reste plus qu'à faire glisser les photos dans un dossier de votre choix.

- Le déchargement semi-automatique

gphoto2 est une application très puissante qui offre de nombreuses possibilités au photographe, mais dénuée d'interface graphique. C'est peut-être l'occasion de passer vos premières commandes en shell, l'interpréteur par défaut de Linux ? Tout d'abord, créez un dossier de réception dans votre répertoire personnel qui nous servira tout au long de l'article, appelons-le par exemple « Photographie ». Dedans créez un sous-dossier de circonstance : « Mariage » par exemple. Enfin ouvrez le terminal (Applications > Accessoires > Terminal ou Alt+F2, etc., selon les systèmes) et tapez gphoto2 pour afficher les options possibles. Impressionnant n'est-ce pas !?!

Limitons-nous à la copie de la cartouche (CF ou SD). Placez-vous dans le répertoire de destination en tapant la commande suivante : cd ./Photographie/Mariage (attention à respecter la casse). Ensuite, lancez la copie en entrant : gphoto2 –get-all-file. Les photos sont copiées dans le répertoire Mariage.

Les deux méthodes précédentes sont simples et fiables, pas besoin d'un logiciel spécial et peu de manipulations sont requises. L'inconvénient, c'est qu'il faut connecter l'APN au laptop, ce n'est pas très pratique sur le terrain car, si vous utilisez de petites cartes comme suggéré ci-dessus (pour éviter de grosses pertes éventuelles), cela oblige à placer de nouveau les cartes dans l'APN pour les décharger, ça tire sur la batterie de l'APN et surtout ça l'immobilise, c'est gênant lors d'une couverture photo sportive, par exemple, où l’événement crucial peut se produire à tout moment. Voici donc deux autres méthodes qui se passent du boîtier. Si vous utilisez des cartouches SD, utilisez l'éventuel port intégré du PC. Dans le cas contraire, ou avec des cartouches CF, vous aurez besoin d'un lecteur de cartes mémoire (privilégier un modèle en USB 3).

- Le déchargement « bulk » par script

Cette méthode a l'énorme avantage de fonctionner automatiquement et sans interaction, donc pendant l'opération vous restez libre d'utiliser votre APN et dès la fin du transfert, la cartouche est à nouveau disponible.

Un peu de préparation (et un test !) sont nécessaires.

Dans le dossier Photographie, créez deux sous-répertoires nommés RAW et JPG.

Téléchargez ou recopiez le script bash ci-dessous : script_transfert.odt (Il s'appelle en vrai Transfert_SD-CF.sh, mais le wiki n'accepte pas de fichiers bash…)

Faites un clic droit dessus, ouvrez-le avec Mousepad (logiciel à télécharger, ou utiliser gedit qui est standard) et ajustez la valeur de la variable en fonction du chemin d'accès aux photos sur vos cartouches, par ex. : DSLR=“EOS_DIGITAL/DCIM/100EOS7D”

Sauvegardez le script. Toujours avec Mousepad (ou tout autre editeur de texte simple), créez un nouveau fichier et recopiez la ligne de script ci-dessous :

xterm -g 132×36 -e ”./Photographie/Transfert_SD-CF.sh“

Sauvegardez le fichier sur le bureau sous le nom « Upload_CF.sh » (ou tout autre nom avec « .sh »). Faites un clic-droit dessus, sélectionnez les propriétés, puis l'onglet « Permissions » et cochez la case « Autoriser le fichier à être exécuté comme un programme », fermez la fenêtre. C'est prêt !

Insérez une cartouche, laissez-la monter puis double-cliquez sur « Upload_CF.sh ». Une fenêtre terminal s'ouvre, affiche la création du dossier du jour si c'est le premier upload, la liste des fichiers raw et jpg transférés et le nombre de photos chargées. Quand c'est fini appuyez sur Entrée, la fenêtre se ferme, démontez la cartouche.

- Rapid Photo Downloader (RPD)

Excellente application créée par Damon Lynch http://www.damonlynch.net/rapid/, la dernière version est la 0.4.11. En plus de transférer les cartouches, elle offre la possibilité de renommer les photos à la volée en les classant dans des répertoires dont le nom est paramétrable.

Installer Rapid Photo Downloader

Avec Linux, les ressources logicielles sont communes, donc au lieu de charger chaque application individuelle en tant que telle, on indique au système de tenir compte d'un nouveau dépôt dans la gestion de ses mises à jour. Pour faire cela, il est plus facile d'utiliser le terminal.

Pour RPD : sudo add-apt-repository ppa:dlynch3

On met à jour la liste des nouveaux programmes à disposition : sudo apt-get update

On provoque la mise à jour : sudo apt-get install rapid-photo-downloader

Insérez une cartouche puis lancez RPD ; une fenêtre s'affiche. La partie supérieure permet de choisir une copie ou un déplacement des photos et le répertoire parent où seront placés les dossiers datés contenant les photos :

La partie inférieure liste les photos pour autoriser un transfert partiel par sélection manuelle. Personnalisons l'application en ouvrant Fichier/Préférences. « Dossier » photo permet de paramétrer l'endroit et la façon dont les fichiers doivent être ordonnés. De nombreuses combinaisons sont possibles avec un exemple du résultat en bas de la fenêtre, c'est très pratique ! Dans la configuration ci-après, je lui demande de créer des sous-dossiers par type de fichier (ie. cr2, jpg, etc.), puis par date issue de l'EXIF :

L'option « Renommage des photos » est également très intéressante, pour ne pas dire indispensable ! Dans l'exemple ci-dessous, le texte « 7D2_ » est remplacé par la date et l'heure avec le numéro de fichier qui reste conservé (il me permet de faire le lien avec les versions jpg).

A noter que RPD peut être paramétré pour renommer depuis des répertoires, pratique si vous téléchargez les photos par d'autres méthodes ou encore manuellement. Damon m'a d'ailleurs confié qu'il travaillait sur une nouvelle version qui inclurait des templates (gabarits) de renommage, à suivre…

D'autres options secondaires sont également disponibles dans les préférences. A noter qu'il est possible de dupliquer automatiquement le transfert à destination d'un volume de sauvegarde.

Comme vous le savez la photo, surtout événementielle, requiert beaucoup de concentration, et il n'y a rien de plus agaçant à ce moment-là de devoir corriger les problèmes de configuration de son PC ou pire encore, de ne pas être sûr que les photos ont été sauvegardées correctement ! Je vous invite à tester et retester chacune de ces 4 méthodes grandeur nature avant de les utiliser à l'occasion d'une commande. Peut-être voudrez-vous même copier sur le laptop ET garder les photos sur les cartouches pour plus de sureté. Placez alors un # devant les commandes commençant par « rm » dans le script et changez « déplacer » par « copier » dans la fenêtre principale de Rapid Photo Downloader. Vous voici désormais paré pour sauver votre précieux travail avec… Linux !

articlesphotomaclinux/permierarticle.txt · Dernière modification: 2016/02/04 16:06 par auntiee